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Le malentendu de départ
« Il n’écoute rien. »
« Il fait semblant. »
« Pourtant il sait… mais il n’obéit pas. »
Si tu es propriétaire de cheval, il y a de grandes chances que ces phrases te soient déjà passées par la tête. Peut-être même aujourd’hui, après une séance où tu avais pourtant l’impression de faire “comme il faut”. Tu demandes, tu répètes, tu ajustes… et ton cheval répond à côté, hésite, se fige ou s’agite. La frustration monte, des deux côtés.
Il y a quelque temps, j’accompagnais une cavalière avec son cheval au travail au sol. Rien de spectaculaire : une demande simple, avancer calmement. Elle insiste un peu, puis un peu plus. Le cheval ralentit, s’arrête, recule. Elle soupire et me dit :
« Tu vois… il n’écoute pas. »
On s’est arrêtées là pour observer ce qu’il s’est passé. Son corps, son énergie, l’utilisation des aides, le moment où elle relâchait la pression… Et très vite, une évidence est apparue : le cheval ne désobéissait pas. Il cherchait juste à comprendre.
Et si, dans ces moments-là, le problème n’était pas l’obéissance…
➽ mais la compréhension ?
Imagine un instant que tu te retrouves dans un pays dont tu ne parles pas la langue. Quelqu’un te donne des consignes, de plus en plus vite, parfois avec des gestes contradictoires. Tu essaies de deviner, tu proposes une réponse… qui n’est pas celle attendue. On recommence, un peu plus fort. Comment te sentirais-tu ? Probablement confus, sous pression, peut-être même stressé.
Ou encore : comme un GPS mal réglé. L’intention est bonne, mais les indications arrivent trop tard, ou ne correspondent pas à la route que tu empruntes. Résultat : tu te perds, encore et encore.
Nos chevaux vivent très souvent ce genre de situation.
Non pas parce qu’ils “font exprès”, mais parce que le message qu’ils reçoivent n’est pas toujours clair pour eux.
Dans cet article, je te propose de changer légèrement de point de vue. Pas pour te remettre en question durement, ni pour chercher une faute, mais pour mieux comprendre ce qui se joue réellement dans la communication avec ton cheval.
Nous allons explorer ensemble trois éléments clés qui influencent directement la compréhension de ton cheval :
- la lisibilité de l’humain,
- le timing,
- et la cohérence des demandes.
Parce qu’un cheval qui ne comprend pas ne peut pas bien répondre.
Et très souvent, sans le vouloir, c’est nous qui devenons flous.
Un cheval ne « désobéit » pas : il cherche une solution
Lorsqu’un cheval ne répond pas comme on l’attend, le premier réflexe est souvent de penser qu’il désobéit. Qu’il teste. Qu’il fait exprès. Pourtant, du point de vue du cheval, les choses sont bien différentes.
Le cheval n’a aucune intention morale.
Il ne cherche ni à provoquer, ni à défier, ni à “prendre le dessus”. Son cerveau ne fonctionne pas comme le nôtre. Il n’analyse pas une situation en termes de bien ou de mal, de bonne ou de mauvaise volonté. Il agit simplement en fonction de ce qu’il perçoit et de ce qu’il a appris.
Le cheval apprend par associations.
Il fait en permanence des liens entre :
- ce qu’il ressent dans son corps,
- ce qu’il perçoit de l’environnement,
- et les conséquences de ses actions.
Lorsqu’une demande est claire, cohérente et répétée de manière identique, le cheval apprend rapidement quoi faire pour retrouver du confort. En revanche, lorsque la demande est floue ou contradictoire, il se retrouve face à une énigme.
Et que fait un cheval face à une énigme ?
Il teste, il hésite, il propose autre chose. Parfois, il ralentit, s’arrête, recule.
Parfois aussi, il se défend, il fuit, ou au contraire… il se fige.
De l’extérieur, ces réactions peuvent donner l’impression qu’il “n’écoute pas”.
Mais en réalité, ce sont souvent les signes d’un cheval qui ne comprend pas ce qu’on attend de lui.
Un cheval ne fait jamais « n’importe quoi ».
➽ Il répond toujours à ce qu’il perçoit, à l’instant T, avec les informations qu’il a à disposition.
Si la réponse n’est pas celle que nous espérions, ce n’est pas un manque de respect. C’est une information précieuse. Elle nous indique que, quelque part dans la chaîne de communication, le message n’est pas passé comme nous l’imaginions.
Et c’est là que le regard peut changer. Non pas pour se juger ou se dire qu’on “fait mal”, mais pour se poser une autre question, bien plus constructive : Qu’est-ce que mon cheval a compris de ma demande ?
Car dans la relation avec le cheval, la responsabilité de la clarté nous revient. Pas comme une faute à porter, mais comme une formidable opportunité d’améliorer la communication.
➽ Un cheval qui comprend devient plus calme, plus disponible, plus coopératif.
Et pour cela, la première étape consiste à observer… non pas ce que fait le cheval, mais comment nous lui parlons.
Axe 1 : la lisibilité de l’humain
Quand un cheval ne répond pas comme on l’attend, on a souvent tendance à se focaliser sur ce qu’il fait. Pourtant, dans la majorité des situations, la clé se trouve ailleurs : dans ce qu’il perçoit de nous.
Pour le cheval, nous sommes une partie de son environnement. Et comme tout son environnement, il nous lit en permanence : notre posture, notre énergie, notre intention, parfois bien avant nos outils.
Être clair… avant de demander
Avant même de penser à comment demander quelque chose à ton cheval, il y a une question essentielle à te poser :
➽ Est-ce que toi, tu sais exactement ce que tu demandes ?
- Sais-tu précisément quelle réponse tu attends ?
- Sais-tu reconnaître le moment où ton cheval est en train de te donner la bonne réponse ?
Prenons un exemple très simple : « avancer ».
Avancer… oui, mais :
- avancer de combien de pas ?
- dans quelle direction ?
- à quelle vitesse ?
- avec quelle énergie ?
- maintenant ou dans quelques secondes ?
Pour nous, tout cela semble parfois évident. Pour le cheval, beaucoup moins. Si l’image que nous avons dans la tête n’est pas claire, il est impossible pour lui de la deviner.
Un cheval qui ne comprend pas une demande n’est pas lent, ni têtu. Il fait simplement face à un message incomplet ou imprécis.
Le corps parle avant les outils
Chez le cheval, la communication est avant tout corporelle. Bien avant que tu utilises un licol ou une longe, il observe :
- la position de ton corps,
- ton regard,
- ton niveau de tension ou de relâchement,
- ton intention.
Dans un troupeau, les chevaux ne s’expliquent pas avec des mots. Ils utilisent leur posture, leur orientation, leur énergie, leur espace personnel. Un cheval dominant n’a pas besoin de toucher pour déplacer un autre cheval : il se grandit, oriente son corps, affirme son espace. Et l’autre comprend.
Avec nos chevaux, c’est exactement la même chose. Si ton corps dit « avance », mais que ton énergie dit « hésite » ou « retiens », le message devient contradictoire. Le cheval reçoit alors deux informations opposées… et ne sait plus laquelle suivre.
Ce n’est pas une question de technique. C’est une question de cohérence corporelle.
Les gestes parasites : le bruit dans le message
Il existe aussi ce que j’appelle les gestes parasites. Ces petits mouvements que nous faisons sans y penser, mais qui envoient malgré tout des signaux au cheval.
Par exemple :
- des mains qui bougent en permanence,
- une longe qui s’agite,
- une réorganisation d’outils,
- une énergie qui monte puis redescend sans raison claire.
Pour nous, ce sont de simples ajustements. Pour le cheval, ce sont des informations. Et lorsqu’elles s’accumulent, elles créent du bruit dans le message.
Un peu comme une conversation téléphonique avec des grésillements. Le cheval entend quelque chose… mais pas suffisamment clairement pour répondre avec certitude.
Réajuster ses outils, oui. Mais apprendre à le faire sans envoyer de nouvelles demandes involontaires est fondamental pour devenir lisible.
Plus le message est brouillé, plus le cheval hésite. Et plus il hésite, plus on a tendance à demander plus fort.
Ce qui nous amène à une phrase clé, à garder en tête à chaque séance :
➽ Avant de demander plus fort, il faut demander plus clair.
La lisibilité de l’humain est souvent la première pièce du puzzle lorsque la communication avec son cheval se complique. Et la bonne nouvelle, c’est que c’est un élément sur lequel nous avons un immense pouvoir d’action.
Axe 2 : le timing, là où tout se joue
Même avec une demande claire et un corps lisible, il reste un élément absolument central dans la compréhension du cheval : le timing de l’enlèvement de la pression. C’est souvent là que tout se joue… ou que tout se brouille.
Le timing, c’est le moment précis où la pression s’arrête. Et ce moment-là est loin d’être anodin.
La pression motive, le relâchement enseigne
Avec le cheval, la pression n’est pas ce qui lui fait apprendre.
➽ C’est son relâchement qui enseigne.
La pression sert uniquement à motiver le cheval à chercher une solution. Tant qu’elle est présente, le cheval explore, teste, ajuste. Le véritable apprentissage se fait au moment exact où la pression disparaît.
C’est à cet instant précis que le cheval comprend : « Ce que je viens de faire est la bonne réponse. »
Lorsque le timing est juste, l’apprentissage est rapide, fluide et rassurant pour le cheval. Lorsque le timing est flou… le message devient confus, même si l’intention de départ est bonne.
Un mauvais timing n’est presque jamais volontaire. Il est souvent lié à :
- notre émotion,
- notre impatience,
- notre envie de “bien faire”,
- ou simplement à un manque de conscience de ce qui se joue à ce moment-là.
Les erreurs de timing les plus fréquentes
Certaines erreurs de timing reviennent très souvent dans le travail avec les chevaux, aussi bien au sol qu’à cheval.
Relâcher trop tard
Le cheval a donné la bonne réponse… mais la pression continue encore quelques secondes. Résultat : il ne sait plus exactement quelle partie de son action était juste.
Relâcher sur une mauvaise réponse
Parfois, sans le vouloir, on enlève la pression alors que le cheval n’a pas encore trouvé la solution attendue. Pour lui, le message est clair : cette réponse-là fonctionne. Et il la reproduira.
Relâcher pour “rassurer”
C’est une situation très fréquente. Le cheval hésite, se tend, propose autre chose, et l’humain relâche pour apaiser la situation. L’intention est bienveillante, mais le cheval peut apprendre que l’hésitation ou l’évitement permet d’arrêter la demande.
Dans tous ces cas, le cheval ne fait que répondre à ce qu’il apprend. S’il répète une réponse que nous ne souhaitions pas, c’est souvent parce que le timing a validé cette réponse à un moment donné.
Ce que vit le cheval avec un timing flou
Du point de vue du cheval, un timing imprécis est extrêmement déstabilisant.
Il ressent :
- de la confusion : il ne sait plus ce qui est attendu,
- du stress : il ne parvient pas à retrouver du confort,
- une nécessité de tester davantage pour comprendre.
Avec le temps, ces tentatives deviennent parfois plus fortes, plus rapides, plus marquées. Ce sont alors ces comportements que l’on qualifie de « problématiques » : agitation, résistance, fuite, figement, opposition.
Mais là encore, le cheval ne “fait pas exprès”. Il cherche simplement une solution pour retrouver du confort dans un environnement qu’il ne parvient plus à lire clairement.
Un bon timing apporte de la sécurité. Un timing flou crée de l’incertitude.
➽ Et même avec un bon timing… si le message change tout le temps, le cheval se perd.
Axe 3 : la cohérence des demandes
Même avec une bonne lisibilité et un timing juste, la communication avec son cheval peut rester fragile s’il manque un dernier ingrédient essentiel : la cohérence.
Pour le cheval, apprendre, c’est reconnaître des repères stables dans un monde qui, pour lui, peut vite devenir imprévisible. La cohérence lui permet de se dire : « Je sais ce qui est attendu, je sais comment répondre, et je sais que cette réponse fonctionnera encore demain. »
1 code = 1 réponse
Un principe simple, mais fondamental :
➽ un code ne peut correspondre qu’à une seule réponse.
Prenons des exemples très concrets.
- Si une pression vers l’arrière signifie reculer, alors cette même pression ne peut pas, un autre jour, vouloir dire tourner par exemple.
- Si une action donnée sert à tourner, elle ne peut pas parfois demander une flexion, parfois un déplacement des épaules, parfois autre chose.
- Si un arrêt est demandé avec un code précis, ce code doit toujours annoncer… un arrêt.
Lorsque le même signal est associé à plusieurs réponses possibles, le cheval se retrouve face à une loterie. Il ne peut plus être sûr de gagner. Et lorsqu’un cheval n’est pas sûr de la solution, il se sent en insécurité.
Un cheval qui ne comprend pas n’est pas lent. Il est souvent confronté à des messages qui changent de signification.
La répétition rassure, elle n’ennuie pas
Le cheval a besoin de répétitions pour ancrer ses apprentissages. Elles le rassurent.
Répéter un code clair, dans les mêmes conditions, avec les mêmes conséquences, permet au cheval de construire des repères solides. Et ces repères sont à la base de trois éléments essentiels dans la relation :
- la confiance : le cheval sait qu’il peut trouver la bonne réponse,
- la motivation : il ose proposer, car il sait que ses efforts seront compris,
- la disponibilité mentale : moins d’incertitude, moins de stress, plus de présence.
Un cheval qui évolue dans un cadre cohérent n’a pas besoin de se défendre, de se crisper ou d’anticiper. Il peut se concentrer sur la tâche demandée, sans craindre de se tromper.
Quand la cohérence disparaît
La cohérence se fragilise souvent sans que l’on s’en rende compte.
Cela peut se produire lorsque :
- les demandes changent d’un jour à l’autre,
- les codes varient selon l’humeur de l’humain,
- l’intensité ou la signification d’un signal change en fonction de l’émotion du moment.
Un jour, on tolère. Le lendemain, on exige. Un jour, on relâche rapidement. Le lendemain, on insiste plus longtemps.
Pour le cheval, ces variations sont difficiles à interpréter. Petit à petit, il cesse de proposer. Il hésite davantage. Il devient plus passif… ou au contraire plus réactif.
➽ Le résultat est souvent le même : le cheval n’ose plus proposer, par peur de se tromper.
Or un cheval qui n’ose plus proposer est un cheval qui se déconnecte mentalement. Et c’est exactement l’inverse de ce que nous recherchons dans une relation basée sur la compréhension et la coopération.
Les signaux que ton cheval ne comprend pas
Lorsque la communication avec son cheval se complique, certains signaux reviennent très souvent. Pris isolément, ils peuvent sembler anodins. Mais lorsqu’ils s’installent ou se répètent, ils sont bien souvent les indices d’un cheval qui ne comprend pas ce qu’on lui demande.
Apprendre à les reconnaître permet d’agir plus tôt… et surtout de changer de stratégie avant que la situation ne se dégrade.
L’hésitation
Un cheval qui hésite n’est pas un cheval “lent”. Il ralentit, s’arrête, regarde ailleurs, semble réfléchir.
Cette hésitation traduit souvent une question intérieure très simple : « Qu’est-ce que tu attends exactement de moi ? »
Plus la demande est floue, plus l’hésitation augmente. Le cheval cherche la réponse qui lui permettra de retrouver du confort.
Les réponses “à côté”
Parfois, le cheval répond… mais pas comme prévu. Il avance quand on voulait qu’il tourne, il s’arrête quand on demandait d’avancer, il déplace une autre partie de son corps que celle attendue.
Ces réponses “à côté” ne sont pas des provocations. Elles indiquent que le cheval a compris qu’une réponse est attendue, mais qu’il ne sait pas encore laquelle.
La lutte contre la pression
Lorsque le cheval ne trouve pas comment faire disparaître la pression, il peut commencer à lutter contre elle :
- en poussant,
- en se contractant,
- en accélérant,
- ou en s’opposant physiquement.
Cette lutte est souvent interprétée comme un refus. En réalité, elle apparaît fréquemment lorsque le cheval ne comprend pas comment s’en sortir autrement.
La tension, l’agitation ou le figement
Un cheval qui ne comprend pas peut devenir :
- tendu dans son corps,
- agité, nerveux, incapable de se poser,
- ou au contraire complètement figé, comme “absent”.
Ces réactions opposées ont pourtant la même origine : un trop-plein d’informations ou un message impossible à décoder.
L’évitement
Certains chevaux évitent purement et simplement la situation :
- ils s’éloignent,
- traînent des pieds,
- trouvent toujours une “bonne raison” pour ne pas être disponibles.
L’évitement est une stratégie d’auto-protection. Quand une situation devient incompréhensible ou inconfortable, le cheval cherche naturellement à s’en éloigner.
L’explosion émotionnelle
Lorsque les signaux précédents ne sont pas entendus, le cheval peut finir par “exploser” :
- départ brusque,
- cabré,
- demi-tour précipité,
- agitation soudaine.
Ces explosions ne surgissent jamais par hasard.
Elles sont souvent l’aboutissement d’une incompréhension prolongée, combinée à du stress et à une accumulation de pression.
À ce stade, le cheval n’est plus dans l’apprentissage. Il cherche simplement à faire cesser une situation qu’il ne peut plus gérer.
Face à ces signaux, il est tentant de se dire que le cheval manque de respect, qu’il teste ou qu’il exagère.
Et pourtant…
➽ Et si ce n’était pas un manque de respect… mais un manque de clarté ?
Changer cette lecture permet souvent de transformer profondément la relation et d’ouvrir la porte à une communication plus apaisée, plus juste, et plus efficace pour les deux partenaires.
Revenir aux bases : là où tout devient plus simple
Lorsque la communication avec son cheval devient floue ou compliquée, la tentation est souvent de chercher une nouvelle technique, un nouvel outil, ou une solution plus “avancée”. Pourtant, bien souvent, la réponse se trouve ailleurs : dans le retour aux bases.
Revenir aux bases ne signifie pas repartir de zéro.
Cela signifie clarifier le langage, pour le cheval comme pour l’humain.
Le travail au sol : un révélateur incroyable
Le travail au sol est un outil précieux, car il met en lumière tout ce qui se joue dans la communication avec son cheval.
Depuis le sol, tout devient plus visible :
- le langage du corps de l’humain,
- la cohérence des phases,
- le timing du relâchement.
Sans le cheval sous nous, sans la gestion de l’équilibre, des rênes ou des jambes, il devient plus facile d’observer ce que l’on envoie réellement comme message. Le cheval, lui aussi, dispose de plus d’espace pour proposer, tester et comprendre.
Le sol permet de ralentir, d’affiner, de ressentir. Et surtout, il offre un cadre où l’erreur devient une information, pas un échec.
Un laboratoire de communication
Le travail au sol agit comme un véritable laboratoire de communication. Chaque demande, chaque réponse, chaque relâchement est plus lisible, plus accessible, plus juste.
C’est souvent au sol que l’on se rend compte :
- que le corps parle avant les outils,
- que le timing influence directement la réponse,
- que la cohérence rassure le cheval.
Ces prises de conscience, une fois intégrées, transforment ensuite naturellement le travail monté.
La fondation du travail monté
Un cheval qui comprend au sol comprend plus facilement monté. Les bases posées à pied deviennent des repères solides une fois en selle. Le cheval reconnaît les codes, retrouve les mêmes intentions, les mêmes structures.
Le travail monté cesse alors d’être un combat ou une négociation permanente. Il devient une continuité logique de ce qui a été construit au sol.
Et c’est là un point essentiel à garder en tête :
➽ Ce n’est pas “revenir en arrière”, c’est consolider.
Consolider la communication.
Consolider la confiance.
Consolider la relation.
Lorsque les bases sont claires, tout le reste devient plus simple, plus fluide… et beaucoup plus agréable, pour le cheval comme pour l’humain.
Conclusion – De l’obéissance à la compréhension
Pendant longtemps, on nous a appris à chercher l’obéissance.
Un cheval qui répond vite, qui exécute, qui “fait ce qu’on lui demande”. Pourtant, à y regarder de plus près, ce n’est pas l’obéissance qui crée une relation sereine et durable… mais la compréhension.
Tout au long de cet article, nous avons vu que lorsque la communication se complique, ce n’est que rarement une question de mauvaise volonté du cheval. Bien souvent, il s’agit d’un message qui se brouille quelque part en chemin.
Trois piliers reviennent alors systématiquement :
- la lisibilité de l’humain,
- le timing,
- et la cohérence des demandes.
Lorsque ces éléments sont réunis, le cheval sait quoi faire, comment faire… et surtout, il ose proposer. Il n’a plus besoin de se défendre, de tester ou de fuir. Il peut simplement répondre.
➽ Un cheval qui comprend devient naturellement coopératif.
Cela ne demande pas d’être parfait.
Cela demande surtout de prendre le temps d’observer, d’ajuster, de se questionner. De regarder ce que l’on envoie avant de chercher à corriger ce que fait le cheval.
Chaque séance devient alors une occasion d’affiner la communication, pas de “réussir” à tout prix. Et c’est souvent dans cette posture-là que les plus belles évolutions apparaissent, chez le cheval comme chez l’humain.
Envie de poser des bases claires avec ton cheval ?
Si tu ressens le besoin de revenir à une communication plus simple, plus lisible et plus juste, le travail au sol est un point de départ précieux.
Prendre le temps de consolider les fondations, c’est vous offrir à ton cheval et à toi — une relation plus fluide, plus sereine et plus épanouissante.
